JER 2017 : réenchanter le rapport au savoir

BarbonLe projet de la Direction diocésaine de Blois est ambitieux ; il s’agit de proposer aux enseignants et cadres pédagogiques de conduire une réflexion sur l’horizon anthropologique de l’enseignement de leur discipline, en de participer ainsi à la réflexion de l’Enseignement Catholique sur le « réenchantement de l’école ».

Ainsi l’atelier proposé par jean-Louis Barbon lors des Journées de l’Éducation à la Relation (JER) propose d’étudier l’approche anthropologique des disciplines enseignées aux élèves.

> En histoire et en économie, quelle place et quelle signification accorder aux trajectoires individuelles et aux expériences vécues ?

> Quelle place, les approches linguistiques laissent-elles à la subjectivité de chacun et à son développement ?

> Comment articuler, dans les domaines scientifiques une approche technique fondée sur les mathématiques et l’interrogation sur l’histoire et la variabilité de la production des connaissances ?

L’atelier permettra aux participants de préciser leur approche du sens implicite des contenus et méthodes des disciplines, d’envisager des pistes d’évolutions possibles, pour exprimer l’identité même, et la raison d’être de l’Enseignement Catholique, et d’envisager un répertoire d’actions possibles au plan personnel et/ou en équipe.

Jean-Louis Barbon est intervenant à Vincent de Paul Formation et Membre du Comité de rédaction de la revue en ligne « Educatio », consacrée à une réflexion prospective sur l’éducation chrétienne.

Catherine Schmider nous parle de CNV

Nous avons la joie de retrouver Catherine Schmider (que nous connaissons bien à Blois) dans une conférence TedX qui nous parle d’éducation bienveillante pour un monde plus humain.

Du monde inscrit aux JER 2016

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Nous enregistrons, 3 jours avant l’échéance, près de 170 inscrits à la journée de partage d’expériences et d’ateliers du vendredi 2 décembre.

Voici la liste des ateliers :

ACCOMPAGNER EN FAISANT GRANDIR L’ESTIME DE SOI

François Cribier (Chargé de mission pour l’éducation à la relation – DDEC 41)

S’accepter soi-même, connaître ses limites et ses points forts, avoir conscience de sa propre valeur, se faire confiance… autant d’atouts pour déployer une personnalité unique… et pour nouer des relations de coopération dans lesquelles la comparaison avec autrui, la volonté de dominer et la violence deviennent inutiles. L’éducation à la relation peut contribuer efficacement à donner aux enfants ce bagage indispensable pour l’apprentissage comme pour la vie sociale.

ACCOMPAGNER LA DIFFÉRENCE SANS LA MARQUER – ENVISAGER LA PERSONNE DANS SON « TOUT »

Marie-Thérèse Leroux – DDEC41

Le visage des classes d’aujourd’hui revêt plusieurs formes. On comprend mieux la diversité des profils d’élèves et on peut ainsi définir ce qu’est la « différence »: déficience cognitive, trouble de comportement, situation de handicap passagère… Un jeune migrant est différent, un jeune sourd est différent, un enfant précoce est différent.

A la lumière de 3 entrées (pédagogique, éducative et spirituelle), l’atelier permettra de construire une posture d’accueil de la différence.

COMPRENDRE LES DIFFÉRENTES INTELLIGENCES POUR MIEUX ACCOMPAGNER

Benoît Jahény – Mieux Apprendre

Huit intelligences pour l’être humain, une révolution des concepts pédagogiques classiques, une prise en compte humaniste réconciliant les « littéraires » avec les « matheux », et les « manuels  » avec les « intellectuels ». Comment faire pour accompagner chacun dans ses intelligences ?

MOI, ÉDUCATEUR CHRÉTIEN, DANS MON ÉTABLISSEMENT…

(Père Pascal Gonin et Don Dominique Malmezat)

Chrétien engagé, le regard que je pose sur l’élève, c’est le regard du Christ. Je me trouve au centre d’une relation maître/disciple qui mérite d’être mise en avant. Comment puis-je témoigner de ma foi, accompagner les élèves et être accompagné à mon tour sur ce chemin ?

L’ENSEIGNANT : OURS OU ABEILLE ?

(Thierry Lemoine –  Formateur en Co-développement)

Le co-développement professionnel réunit un groupe de personnes  qui partagent des problématiques professionnelles, vont apprendre ensemble et cultiver une « intelligence collective » grâce à un processus en six étapes structurant la parole, l’écoute et la réflexion et incitant à l’action. A l’heure des réformes qui demandent de plus en plus de travail collaboratif, c’est un outil utile pour avancer ensemble.

COMMENT FAIRE DU LIVRET SCOLAIRE UN OUTIL D’ÉVALUATION ET D’ACCOMPAGNEMENT ?

Bruno Chauvineau – Directeur diocésain

Un atelier pour définir ensemble quelles seront les compétences propres à l’Enseignement catholique qui pourront être insérées dans le Livret Scolaire. Le livret scolaire unique ne doit pas être simplement un formulaire à remplir et faisant un bilan de ce qui a été fait par l’élève.  Il doit être un outil d’évaluation. Evaluer c’est avant tout  donner de la valeur. Les notes et les appréciations ne doivent pas enfermer l’élève dans un état définitif mais bel et bien prendre en compte ce qui est du possible. Le possible se traduit aussi par la validation des compétences. Comment faire en sorte que les élèves et leurs familles puissent, à la lecture du livret scolaire unique, en faire un outil d’évaluation ? L’atelier proposé doit permettre  au LSU d’être un outil d’évaluation. Pour cela il nous faut nous saisir de ce LSU et de voir comment l’améliorer dans le respect du cadre légal tout en y apportant notre vision que l’éducation est bien un acte posé dans le temps et prenant en compte la globalité de la Personne.

LE « DIALOGUE PÉDAGOGIQUE » ET LES PROCESSUS MENTAUX DE L’APPRENTISSAGE

Armelle Géninet – Professeure de Mathématiques, formateure en Gestion Mentale

La connaissance des processus mentaux de l’apprentissage permet à l’enseignant de vivre autrement sa relation à l’élève, mais aussi de modifier son regard sur les objets d’apprentissage.

Cet atelier a pour objectif, à partir de quelques exemples très concrets, de faire vivre aux participants l’expérience d’une posture inédite en  « Dialogue Pédagogique »

LA PÉDAGOGIE PERSONNALISÉE

Nathalie Beau-frère – Isfec LaSalle Mounier

Pour un enseignant, mettre en œuvre la pédagogie personnalisée aujourd’hui, c’est avoir conscience que l’élève est une personne. C’est prendre en compte l’élève dans son intégralité : son corps, son cœur, son intelligence. Cet atelier est une sensibilisation pour comprendre les enjeux d’une pédagogie fondée sur la construction de l’autonomie, la motivation et la confiance en soi.

DÉVELOPPER UNE CULTURE RELATIONNELLE AU SERVICE DU TALENT DES ÉLÈVES

Sandra Longin – Animatrice de formations en communication – Cultiver Naturellement la Vie

Accompagner c’est l’art subtil d’être présent et au service de l’autre, de ses talents, de ses aspirations et de contribuer à la clarification des points d’appui et des freins pour lui permettre de contacter ses ressources. Comment au travers de la communication rester conscient de sa posture et ouvrir un espace relationnel d’alliance ?

ACCOMPAGNER LES ENFANTS DANS LA CONSTRUCTION DE LEUR VIE AFFECTIVE AVEC L’OUTIL « AU FIL DE LA VIE »

Lolita Natter – DDEC 37

Les enfants n’attendent pas la puberté pour poser des questions d’ordre existentiel : « où j’étais avant d’être né ? » ; « d’où viennent les bébés ? » ; « comment c’est fait les garçons et les filles ? ». Nous ne pouvons pas les laisser seuls avec ces questions, qui plus est dans un environnement qui les expose de plus en plus jeunes à des représentations parfois déformées de la relation humaine. L’atelier proposera la découverte de l’outil pédagogique « Au fil de la vie » et des pistes pour entamer le dialogue avec les élèves.

JER 2016 : les inscriptions sont lancées !

Vous pouvez dès maintenant vous inscrire par l’intermédiaire du site web des Journées de l’éducation à la relation (www.jer-blois.org).

Inscriptions à la conférence du jeudi 1er décembre

Inscriptions aux ateliers

Vous remarquerez en passant que notre site s’est simplifié, pour une lecture plus rapide des contenus. Nous vous encourageons donc  à partager largement cette adresse sur les réseaux sociaux !

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La Communication NonViolente, passage obligé des Chefs d’établissement.

DSCN2832Le projet de « l’école de la relation », mis en place depuis 2010 dans le diocèse de Loir-et-Cher, a été accompagné dès le début par l’association pour la Communication NonViolente. Car pour favoriser des relations harmonieuses au sein des classes, il est nécessaire de former les adultes éducateurs à une autre façon d’exercer leur autorité, moins basée sur des relations de pouvoir que sur l’écoute, l’empathie, la compréhension des besoins de chacun et de l’attention à l’autre.

Aujourd’hui, la formation à la Communication NonViolente est obligatoire pour les Chefs d’établissement. Elle est écrite dans leur lettre de mission.

Avant cette rentrée, sept d’entre eux ont suivi deux journées de formation avec l’Association Déclic. Comme l’écrivait Thomas d’Ansembourg, « la relation, ça s’apprend… ».

JER 2015 : Professeur, un métier où il est « essentiel d’évoluer »

Ateliers JER 1Des ateliers d’éducation à la relation dédiés aux professeurs viennent d’avoir lieu à Blois, rappelant que la maîtrise d’une discipline ne suffit pas pour enseigner.

 Certains se trouvent démunis face à des tensions, à des conflits entre élèves ; d’autres sont mal à l’aise devant les interrogations d’un enfant sur l’amour ou la sexualité. Souvent, les professeurs des écoles et du secondaire ont besoin de mettre en œuvre des compétences relationnelles, qui dépassent la seule maîtrise de leur discipline.

Qu’elles soient en charge d’une classe de grande section de maternelle dans le secteur public ou qu’elles enseignent les sciences à des lycéens dans le privé, les cent cinquante personnes inscrites, selon Anne-Claire Quedreux, chargée de mission au sein de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique, aux ateliers, organisés vendredi au lycée La Providence de Blois par l’enseignement catholique du Loir-et-Cher (1), ont un jour ou l’autre été confrontés à une classe dissipée, à un sentiment de manque d’écoute.
Faute de solution miracle, une participante à un groupe de travail sur le mandala (2) a expliqué que son rôle de transmission, mais aussi sa « nature humaine », l’incitait à toujours explorer de nouvelles pistes. « Il est essentiel d’évoluer » dans l’exercice de son métier, estime-t-elle. Feutres en main, elle a découvert, auprès de l’art-thérapeute Chantal Jouasset, la possibilité d’instaurer au début de ses cours un « rituel de relaxation dynamique », tel que le coloriage, permettant de recentrer l’attention des élèves dissipés.
Corinne Ottomani-Croc, une autre intervenante, partage l’idée d’une profession enseignante appelée à évoluer. Elle promeut l’«évaluation par contrat de confiance », jugeant que l’un des défauts de l’école française actuelle est qu’il faille, dans chaque classe, « des élèves qui aient raté les évaluations pour que ces dernières soient considérées comme valides ». Elle invite les professeurs à repenser la hiérarchie entre les disciplines, une bonne note en arts plastiques devant, selon elle, être valorisée au même titre qu’un bon résultat dans l’une des matières dites « principales ».

(1) Dans le cadre des 6es Journées d’éducation à la relation. (2) Dessin, notamment utilisé dans le bouddhisme, composé de motifs graphiques gravitant autour du centre d’un cercle.

Texte et photo La Nouvelle République – Léa Bouquerot BOUTONLIEN

Un site web pour les JER !

Pour préparer avec plus de visibilité les journées de l’éducation à la relation de Blois, et pour communiquer avec le monde entier (!) nous avons crée un site web qui présente le projet et permettra les inscriptions en ligne. Bonne visite !

Rendez-vous sur www.jer-blois.org

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JER 2014 – DONNER A VOIR !

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Cette année, les ateliers du vendredi ont rassemblé 165 participants, venus principalement du Loir et Cher, mais aussi d’Alsace, du Cantal, de Touraine et du Loiret. Des personnes à qui la Direction diocésaine voulait montrer des actions concrètes d’éducation à la relation. Sous forme de témoignages filmés, l’assistance a pu vivre dans des classes, la médiation, la coopération, la connaissance de soi ou la prise en compte de ses émotions.

Ces témoignages prolongés dans la salle montrent qu’un colloque ne pose pas seulement des questions, mais qu’il y répond ! Dans le même enthousiasme, les participants ont vécu deux ateliers animés par des professionnels. Les JER proposent ainsi des solutions et des plans d’action pour le déploiement de l’éducation à la relation.

Un « candide » aux ateliers

Christophe Epaud aux JER 2013Christophe Epaud est psychopraticien relationnel à Orléans. Il intervient aussi en milieu scolaire. Nous lui avons demandé de jouer le rôle de « candide » tout au long de la journée des ateliers du vendredi. Il est donc passé d’atelier en atelier, observant les attitudes, écoutant les paroles ou devinant les attentes… Il nous livre ses réflexions.

« Dans la douzaine d’ateliers où j’ai pu circuler, il s’est passé beaucoup de choses :

  • on s’assoie, on se lève,
  • on écoute, on parle,
  • on rencontre, on échange,
  • on anime une marionnette,
  • on goûte à la coopération,
  • on joue, on rigole, on se détend,
  • on parle de la compétition dans ce qu’elle favorise et ce qu’elle empêche,
  • on écoute son corps et ses perceptions,
  • on écoute ses émotions,
  • on donne de la place au plaisir,
  • on se demande comment trouver et considérer le besoin réel de l’enfant,
  • on se pose et on descend en soi, à l’écoute et au rythme de son intériorité,
  • on expose ses interrogations face aux élèves perturbateurs, face aux enfants renfermés, face à la fougue débordante de certains,
  • on mesure l’impact des mots, de l’attitude, des postures, d’un questionnement trop direct, d’une écoute active qui respecte et accueille,
  • on dessine, on peint,
  • on met des mots sur ses difficultés, ses blocages, ses appréhensions,
  • on cherche comment poser des choix, sortir des « il faut » qui pèsent sur soi,
  • on tape des pieds, on se frotte les mains, on ferme les yeux,
  • on respire, on souffle,
  • on anime un cercle restauratif,
  • on s’enthousiasme,
  • on s’expose, on vit l’accueil et l’écoute,
  • on découvre des outils,
  • on se confronte à son potentiel créatif,
  • on explore son intériorité,
  • on se branche sur soi,
  • on tâtonne, on lève des verrous,
  • on libère son corps,
  • on prend de l’espace,
  • on pense à sa classe, à ses élèves,
  • on lâche prise,
  • on s’ancre…

Je vous ai vu, successivement :

  • ouverts,
  • attentifs,
  • curieux,
  • appliqués,
  • joueurs,
  • de moins en moins tendus,
  • de plus en plus en confiance,
  • impliqués,
  • soucieux de bien faire,
  • concentrés,
  • disciplinés,
  • rieurs,
  • perdus,
  • préoccupés,
  • bousculés,
  • émus,
  • surpris,
  • apaisés,
  • souriants…

Globalement, je suis sensible à votre forte, réelle et sincère implication tout au long de cette journée. J’y vois une grande conscience professionnelle, pour laquelle j’ai envie de vous remercier, en tant que parent. Il me semble que ce qui vous a nourri ici, aujourd’hui, c’est trois choses principales :

  • découvrir / apprendre des outils, des méthodes, des concepts,
  • mettre des mots sur votre vécu professionnel, en relation avec d’autres,
  • vous donner le temps de vous recentrer.

Cela dit clairement quelques choses de vos besoins ! L’ambiance globale m’a paru aller peu à peu, au cours de la journée, vers plus d’apaisement, plus de confiance favorisant une réassurance. Vous me semblez plus vivants que ce matin !

Cette journée soulève aussi la question de votre hygiène en tant « qu’être professionnel », dans ses dimensions individuelle et collective. Comment je prends soin de moi ? Comment je nourris ma pratique ? Comment nous restons attentifs à notre « travailler ensemble » ? Je m’attendais à entendre parler de la question de l’autorité. Cela n’a visiblement pas été le cas. Je vous partage mon interrogation sur ce que cela peut indiquer.

Pour finir, j’ai le sentiment que dans l’ensemble, vous repartez satisfaits, revigorés, mais également frustrés. En effet, la journée passe vite. Je me demande comment vous allez intégrer, vous approprier ce que vous avez vécu et appris aujourd’hui. Comment articuler tout cela ? Car malgré l’enthousiasme de cette journée, la réalité est souvent exigeante, parfois éprouvante. J’entends qu’il est difficile de dégager, de prendre du temps dans un quotidien où vous êtes parfois très sollicités. Au-delà de l’acquisition de nouveaux outils, l’un de vos besoins prédominants est de pouvoir parler de votre travail entre vous, dans un cadre professionnel. Je vous souhaite de pouvoir satisfaire ce besoin, et tous les autres, et d’être longtemps animés par la richesse de cette journée. »

Parents et enseignants en relation

rencontre parents-écoleLes Journées de l’Education à la Relation ont débuté hier soir avec une rencontre parents-école animée par l’Apel départementale et Régine Florin, formatrice de l’Apel nationale, rompue à l’animation de réunions dans les établissements. 

L’occasion pour l’Apel de préparer leur congrès de Strasbourg qui aura lieu en mai 2014 sur le thème « Parent d’élève, un métier d’avenir ? ». 

Parents, enseignants et chefs d’établissements étaient présents et ont pu échanger autour des notions de confiance et de défiance dans les relations parents / enseignants. A l’appui des chiffres des études Pisa, Régine Florin a établi des comparatifs entre pays et appuyé sur quelques innovations qui s’opèrent hors de nos frontières. Les participants ont aussi convenu que nos établissements catholiques n’étaient pas les moins bien armés dans le dialogue entre écoles et parents. Il y a encore des progrès à faire. Lesquels et comment ? Tout reste à inventer …