Des leçons du confinement

L’émission « questions d’éducation » de RCF 41 a reçu Gaëlle Petit, chef d’établissements de deux écoles à Salbris et Saint-Viâtre pour relire cette période bien particulière du confinement, vue d’une école rurale.

A écouter en rediffusion en cliquant sur ce lien :

https://rcf.fr/actualite/social/le-confinement-en-etablissement

Une rentrée le 22 juin !

À l’école-collège Sainte-Marie de Blois, le personnel a travaillé sans relâche depuis le confinement jusqu’à aujourd’hui pour qu’un retour en classe soit possible.

Dès demain dans l’Hexagone comme en outre-mer, les crèches, écoles et collèges se prépareront à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normale. Voilà ce qu’avait déclaré Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du dimanche 14 juin.
À trois jours du retour en classe des élèves, le temps est aux derniers ajustements à l’école et collège privés Sainte-Marie, à Blois.
Les traits sont tirés, la fatigue doit commencer à se faire sentir, mais Corinne Cavrois ne laisse rien paraître. Cette crise du coronavirus « a eu ce côté très anxiogène qui a envahi la nation au début », retrace le chef d’établissement et coordinateur. « Et on ne se doutait pas que le confinement allait durer aussi longtemps ».
La responsable ne quitte quasiment plus son bureau. Depuis la fermeture de l’établissement le 16 mars dernier, elle est ses équipes sont « disponibles sept jours sur sept » pour les 440 élèves de l’école (de la toute petite section au CM2) et les 700 collégiens.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, « à 22 h », Corinne Cavrois a d’ailleurs reçu le nouveau protocole sanitaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse qui entre en vigueur dès lundi avec des règles assouplies.
Ainsi, si la distanciation physique a été supprimée dans les écoles maternelles, elle reste néanmoins recommandée en primaire. Et au collège, si celle-ci ne peut être respectée, le port du masque est obligatoire (les lycées, eux, ne rouvriront pas avant la rentrée).
Aussi, ajoute Corinne Cavrois, qui marche jusqu’à la cantine déjà accessible aux élèves, « un soin tout particulier sera apporté à la désinfection des locaux, de chaque salle de classe, avec un virucide ».
Il faut dire que le chef d’établissement a eu le temps d’éprouver les protocoles. « Dès le 18 mai, nous avons accueilli quatre jours par semaine 180 collégiens de 6e et 5e, et, dès le 2 juin, 120 élèves de 4e et 3e. »
Une bonne chose quand on sait que le confinement a accentué la fracture sociale. En effet, la continuité pédagogique s’est révélée particulièrement compliquée, voire impossible, pour les familles les plus modestes, dénuées d’équipement numérique. Le retour à l’école, conclut Corinne Cavrois, « va donc rassurer » à la fois les élèves et leurs parents.

Texte La NR

La Providence à Blois : les bac pro sous le feu des projecteurs

Un court-métrage primé et un soutien précieux pendant la crise du coronavirus ont permis de mettre en lumière les terminales ASSP de La Providence.

Madame la thanatopractrice. C’est le titre du court-métrage qui a permis aux élèves de terminale ASSP (Accompagnement soins et services à la personne option domicile ou structure) du lycée La Providence de décrocher le clap d’or dans la catégorie « Meilleure réalisation », dans le cadre du concours régional « Je filme le métier qui me plaît » dont le but est de « développer les compétences numériques des jeunes en participant activement à leur parcours d’orientation ». Une première pour l’établissement blésois.


« Séquence pédagogique » 

Comme son titre l’indique, ce mini-film, de 3 minutes et 2 secondes, met en avant le métier de thanatopractrice – professionnelle pratiquant des soins de conservation ou de présentation sur le corps des défunts. Emma, qui a dû jouer la morte, évoque « une expérience assez bizarre ».
Une récompense qui vient sanctionner une « séquence pédagogique » dédiée au « travail en équipe », explique Magda Grib, leur enseignante en STMS (Sciences et techniques médico-sociales). « Elles ont dû faire preuve de beaucoup de maturité. Ce concours a ouvert le champ des possibles. »
« Psychologiquement, je pense que c’est assez difficile d’exercer le métier de thanatopractrice, il faut avoir du sang-froid », imagine Florine qui pense plutôt s’orienter vers une carrière « d’éducatrice spécialisée ».
L’autre actualité pour les élèves d’ASSP est liée à la crise du coronavirus. Malgré leur jeune âge, une quinzaine d’entre eux sont montés au front pour « renforcer les effectifs » des professionnels de santé au sein de structures sociales, médico-sociales ou à domicile, explique Magda Grib. Des établissements dans lesquels ils avaient réalisé leurs précédents stages, ce qui, selon cette dernière, « témoigne d’une preuve de confiance à l’égard de notre lycée professionnel et la formation ASSP qui y est dispensée »« Moi-même, poursuit Magda Grib, j’ai été appelée par le centre hospitalier de Blois », preuve, selon elle, « des égards » que l’on porte au lycée La Providence.


« La voie professionnelle une voie d’excellence » 

« J’ai été contactée par un Ehpad, La Maisonnée Saint-François, pour y travailler deux jours par semaine en tant qu’agent des services hospitaliers (ASH) », raconte la jeune Zoé qui avait à charge « d’entretenir les locaux » ou tout simplement « de passer du temps avec les résidants ». Pour Angélique, cette crise sanitaire n’a fait que la « conforter » dans son choix d’opter pour ce baccalauréat.
Si les élèves disent leur « fierté » d’avoir pu contribuer à la lutte contre le coronavirus, il est en revanche encore trop tôt selon Magda Grib pour savoir si cette crise – et le soutien aux soignants qui en a découlé – suscitera des vocations. Cependant, cet épisode aura permis, se félicite la professeure, d’avoir démontré que « la voie professionnelle est une voie d’excellence ». Voir le film

Texte et photo La NR

L’école Saint-Jean Bosco de Lamotte-Beuvron accède au label « éco-école » !

Toute la communauté éducative de l’école Saint Jean Bosco de Lamotte-Beuvron s’est mobilisée à la suite de sa nouvelle directrice dans l’aventure éco-école. Le projet mené, éclairé par la découverte simultanée de l’encyclique «  Laudato Si »,  était centré sur la gestion des déchets dans l’établissement. Objectifs : relever les défis d’avenir et rayonner sur notre territoire solognot en créant un partenariat avec des entreprises locales afin de donner très concrètement une seconde vie à nos déchets. De nombreuses réalisations ont été faites en ce sens tout au long de l’année ; elles ont mobilisé parents, enseignants, élèves, associations locales… dans une joyeuse coopération et complémentarité.  Pour ne citer que quelques exemples :

  • fabrication de bourre de papier redonnée à une entreprise locale pour ses envois postaux- Mise en place d’un point de collectes pour déchets spécifiques à disposition des familles sous le préau de l’école (occasion de faire graphiques et pesées pour les élèves) : collecte de piles, de bouchons en plastiques (redonnés à une association venant en aide aux personnes porteuses de handicap), cartouches d’encre…
  • découverte de la filière papier en lien avec le SMICTOM et réalisation de papier recyclé et œuvres artistiques en matériaux recyclés/détournés
  • confection par des parents d’élèves de « porte-serviettes » (en tissus recyclés bien sûr) pour les élèves demi-pensionnaires afin d’abandonner les serviettes en papier pour passer aux serviettes en tissu ; choix d’un organisme de restauration éco-responsable, réduction du plastique unique
  • mise en place de bourses d’occasion (bourse aux jouets à Noël, bourses aux blouses…)
  • réalisation de maquettes d’un éco-quartier pour les CE2/CM1/CM2 et d’affiches sur le devenir de nos déchets et l’intérêt de pratiquer le tri en GS/CP/CE1
  • détournement de chambres à air usagées  en « repose-pieds » fixés sous les tables afin d’améliorer le confort des élèves (selon le modèle des « classes flexibles »)
  • mise en place d’un composteur permettant de ne pas gaspiller les déchets verts de la cour et de la cantine, et de créer notre propre composte en vue de relancer le potager de l’école.

Fort de ce succès et de la mobilisation active et joyeuse de toute la communauté éducative, l’aventure se poursuivra l’an prochain à Lamotte-Beuvron autour d’un nouveau projet afin de continuer à accompagner et aider chacun à la nécessaire  » conversion à l’écologie intégrale » à laquelle nous sommes appelés pour protéger notre planète et chacun de ses habitants. 

Soyons fous, innovons !

Au collège Notre-Dame, à Romorantin, cette rentrée a été préparée à partir d’un protocole que la chef d’établissement Sophie Vadé-André a dû adapter pour tous. Mots d’ordre : prudence, distance, hygiène… Les élèves ont étudié chez eux avec leurs enseignants avec, pour certains, des problèmes techniques. Aujourd’hui, beaucoup sont heureux de se retrouver dans un cadre et une ambiance pourtant chamboulés.
La directrice accueille au portail les élèves masqués et distanciés par petits groupes échelonnés entre 7 h 45 et 8 h 30. Dès leur entrée, ils vont se laver les mains, ils le feront plus de 10 fois dans leur journée. Beaucoup de parents restent inquiets, certains ne renverront leurs enfants qu’en septembre : 37 % des élèves en 6e et 44 % en 5e sont présents ce jour. Les autres continuent d’étudier chez eux.
Gabriel 12 ans : « Je suis content de revenir pour retrouver le groupe, c’est bien mieux que de travailler chez soi ! » Lucile : « Je suis étonnée que l’on soit aussi peu pour une rentrée. Le collège, c’est important ! »
Pour la sécurité tout a été pensé pour éviter le brassage, chaque classe ne voit que deux enseignants par jour : quand les enfants sortent pour une pause de 20 minutes, le personnel procède à une désinfection systématique du lieu. Même rigueur à la cantine avec deux élèves par table prévue pour six. La directrice a dû beaucoup travailler pour préparer cette reprise, après deux mois d’insomnie… « Nous sommes heureux, de retrouver élèves, enseignants, personnel. J’ai trouvé que les collégiens avaient mûri, s’étaient élevés en conscience, ils adoptent un comportement responsable. Si la contrainte demeure, ce sera une fin d’année sans saveur, car nos élèves restent le sel de notre mission, et beaucoup sont absents. » Puis de rebondir « Et si cette crise avait été le déclic pour “ déscléroser ” l’école et mettre en mouvement nos forces vives ? Dans l’enseignement privé, nous avons l’avantage d’avoir une liberté pédagogique, que nous n’exploitons pas suffisamment, osons l’utiliser. Notre système éducatif a besoin d’une nouvelle vie. Soyons fous, innovons ! »

Paul Malartre, passeur d’espérance

Paul Malartre vient de décéder à l’âge de 74 ans après une année de maladie. Ce professeur de philosophie, ce chef d’établissement puis directeur diocésain de l’enseignement catholique à Saint Étienne, et enfin Secrétaire général de l’enseignement catholique de 1999 à 2007 a été un initiateur de grande qualité et surtout un porteur de l’espérance éducative.

« Eduquer, passion d’espérance »

Il a perçu très tôt les chances de renouveau que l’Enseignement catholique portait en lui-même : donner à voir que l’on ne saurait enseigner sans éduquer, montrer que l’on ne saurait éduquer sans une communauté, faire en sorte que la communauté éducative soit réellement composée de tous ceux qui interviennent en faveur de l’élève – de l’enseignant et de la famille au personnel de service et au gestionnaire … Et que cette communauté éducative sache qu’elle cherchera sa référence dans l’évangile et ses pratiques dans le dialogue éducatif au nom d’une conception chrétienne de l’homme.Ce croyant très profond a été capable de faire partager sa passion d’éduquer et sa vision. Ce chrétien aura été un serviteur de l’Eglise en étant un tel serviteur de l’éducation. L’Église, en France, lui doit beaucoup. À son épouse et à sa famille, l’Enseignement catholique de Loir-et-Cher dit sa profonde reconnaissance, et partage sa peine et sa prière dans l’Espérance.

Portes ouvertes virtuelles

Devant l’impossibilité d’organiser des journées portes ouvertes, les établissements réalisent des petits films pour faire visiter les lieux via – encore ! – les écrans. L’école Saint-Jean Baptiste de Coulommiers-la-Tour permet cette visite virtuelle tout en expliquant avec soin son projet éducatif.

Beaucoup adoptent la même stratégie pour tenter de compenser ces deux mois sans rendez-vous d’inscription et sans rencontre physique. Peut-être peut-on y trouver une vertu : entreprendre soi-même la visite de son propre établissement et y trouver des choses qu’on ne soupçonnait pas, des détails qui échappent à son regard en temps « normal ». Le confinement aura peut-être permis de faire ce pas de côté pour vraiment regarder son école.

Rentrée progressive à Notre dame des Anges de Vineuil

L’ensemble scolaire Notre-Dame des Anges a effectué sa rentrée, lundi dernier, aussi bien pour les élèves du primaire que pour ceux du collège, seules les classes de 6e et 5e étant concernées pour celui-ci dans un premier temps. L’opération s’est déroulée dans un établissement pourvu de tous les dispositifs de protection requis par les procédures, en particulier au niveau de l’aménagement des salles de classe, limitées à dix occupants.
Ce chiffre a été d’autant plus facilement respecté que la fréquentation de ces premiers jours est restée modeste : à titre d’exemple, 15 élèves présents sur 40 en 6e, 17 sur 50 en 5e. « J’espérais davantage », confiait le directeur Charles-Edouard Guilbert-Roed qui espère toutefois une plus forte mobilisation pour les jours et semaines à venir.
L’organisation des enseignements s’est effectuée sur la base de groupes et de demi-journées, l’objectif étant que chaque élève puisse rencontrer la totalité des enseignants. « Même s’ils disent avoir bien supporté le confinement, ceux qui sont présents apprécient de retrouver leur classe », constatait un professeur. Le port obligatoire du masque, l’absence de cantine, les règles sanitaires de distanciation n’en constituent pas moins des contraintes pesantes. « Et qui entraînent des surcoûts de fonctionnement, en particulier en matière de nettoyage », souligne le directeur. 
La reprise des enseignements optionnels, susceptibles d’apporter une diversification bienvenue, est envisagée pour le mois de juin. Les inscriptions pour la rentrée prochaine sont ouvertes, mais le contexte présent reste visiblement trop incertain pour inciter les parents à se projeter dans l’avenir.

Texte et photo La NR

Hybridation

A l’école Sainte-Marie La Providence de Blois, les CE2 font des maths en classe mais n’oublient pas les amis restés chez eux. D’ailleurs regardez, ils sont tous à l’écran en visio-conférence. Le même cours au même moment !