Autrement appelé « enseignement du fait religieux », quel est son contenu ? Éléments de réponse à l’école privée Monsabré-Sainte-Marie à Blois.

Parler des religions à l’école… Le débat resurgit à intervalles réguliers dans l’actualité et on s’affronte encore sur la manière de s’y prendre.
Pour mieux comprendre ce qu’est un cours de culture religieuse, direction l’école élémentaire Monsabré-Sainte-Marie à Blois, qui accueille les enfants, de la petite section de maternelle au CM2.
Catherine Pomorski, cheffe d’établissement et coordinatrice de l’ensemble scolaire Blois rive gauche, a accepté d’évoquer le contenu de ce cours, autrement appelé « enseignement du fait religieux », et son importance dans le contexte actuel. Pour autant, nous n’avons pas assisté à ce cours.
En préambule, et au regard du sujet délicat, Catherine Pomorski veut souligner que « dans ses statuts, l’enseignement catholique mentionne qu’il accueille tout le monde, sans distinction de religions, de niveau scolaire ou social ».
Différent du catéchisme
Pour éviter tout malentendu, il convient de distinguer l’enseignement du fait religieux du « catéchisme » : « En effet, dans une école catholique, on a une proposition de foi, de catéchisme, qui ne peut être proposé sans accord des enfants et de leurs familles ».
La loi est parfaitement claire : les cours de catéchisme ne doivent pas être obligatoires pour les élèves. Ils doivent impérativement avoir le choix entre le catéchisme et une autre matière.
« Ici, les enfants qui ne participent pas au catéchisme assistent donc à ce cours de culture religieuse, autrement appelé enseignement du fait religieux » à raison « d’une heure par semaine », explique la cheffe d’établissement. Précision importante : « Les enfants qui vont au catéchisme ont aussi accès au cours de culture religieuse. »
Ce cours de culture religieuse, ou du fait religieux, est enseigné « à partir du cycle 3 (CM1) ». C’est certainement plus facile dans les petites classes car « dès le CM2, l’élève a des convictions plus avancées », note l’enseignante Jennifer Cramer. Et ce en dépit du fait que « la majorité des enfants n’ont pas de religion ». Dans sa classe de CM2, seuls 5 élèves sur 25 vont au catéchisme (30 sur 150 sur l’ensemble de l’école).
Éclairage culturel, historique et philosophique
Quel est maintenant le contenu de cet enseignement du fait religieux ? De nombreux établissements privés sous contrat intègrent des cours de connaissance religieuse dans leur programme, les justifiant par leur éclairage historique, culturel et philosophique. Il s’agit d’enseigner aux élèves les différentes religions, de manière objective, critique et pluraliste. Par exemple, il y a souvent le même nombre d’heures de religion hindoue que catholique.
Catherine Pomorski explique : « On part, par exemple, de la culture chrétienne, qui constitue les racines de notre pays. Et puis on élargit aux monuments religieux. De même, on évoque la Bible comme le Coran. Le but est de faire connaître les religions, l’autre aussi, pour éviter tout racisme. Si on connaît la religion du voisin, on n’en a pas peur. Cela fait partie du vivre-ensemble. »
Jennifer Cramer acquiesce : « On compare les religions, on les explique. On fait comprendre que le dialogue entre les religions (notamment les trois grandes religions monothéistes) est essentiel. Ce cours apprend le respect et la tolérance. Aussi, l’enseignement du fait religieux est souvent élargi à la culture, à l’architecture. » Un cours qui part des désidératas des élèves, « de leur curiosité ».
Des contrôles de l’État
Rappelons que dans le privé, l’enseignement doit respecter les règles, les programmes scolaires et doit être confié à des enseignants fonctionnaires, ou contractuels. Au-delà de ces obligations, la loi indique que les établissements concernés conservent leur « caractère propre ». Les contrôles se font à l’ouverture de l’établissement, puis dans le courant de la première année et ensuite à la discrétion de l’État. Si certaines des exigences ne sont pas remplies par l’établissement, le contrat peut être résilié après avis d’une commission de concertation.
Texte et photo : La Nouvelle République