Boissay à Fougères-sur-Bièvre, le château lycée

À Fougères-sur-Bièvre, au sud du Loir-et-Cher, le château de Boissay dont les racines remontent au 15e siècle a traversé les siècles jusqu’à devenir en 1947, selon les volontés de la dernière héritière, un établissement scolaire.

Un quadrilatère ouvert, avec une tour à chacun de ses angles. C’est la forme du château de Boissay, à Fougères-sur-Bièvre (Loir-et-Cher). Cet édifice dont les sources remontent au 15e siècle, était une des maisons fortifiées de la seigneurie locale de Fougères, 4.000 hectares aux confins de la Touraine, de la Sologne et du Berry.

Depuis 1947, le château abrite un établissement scolaire, aujourd’hui collège-lycée privé catholique rural qui accueille cent soixante-dix élèves.

Au fil des époques, le site a été la propriété de différentes familles : les Faveroy, les Refuges, les Villebresmes, les Rhoddes. En 1738, le château a été acquis par les Lambot de Fougères. Fait notable, vers 1780, la bâtisse se munit de paratonnerres sur les conseils de l’inventeur même de cet outil révolutionnaire pour l’époque : Benjamin Franklin. C’est que l’occupant d’alors à Boissay – René Lambot de Fougères – a côtoyé l’Américain, inventeur mais aussi homme politique. « René Lambot de Fougères, était l’homme d’affaires du seigneur Leray de Chaumont, qui a beaucoup soutenu Benjamin Franklin (lorsque celui-ci œuvrait pour l’indépendance des États-Unis) », explique Pierre de Bizemont, descendant de la famille Lambot de Fougères, domicilié au château de La Boulas à Fougères-sur-Bièvre.

Cédé à l’église pour en faire une école ménagère

Autre curiosité à Boissay, cette girouette en forme d’équerre, symbole de la franc-maçonnerie, signe de la sympathie qu’avaient les Lambot de Fougères pour l’institution « à l’époque très ouverte aux idées nouvelles et pas opposée à la religion », précise Pierre de Bizemont.

Tout autre chose, sur le linteau d’une fenêtre : un écu représentant une coquille et deux bâtons de marche. Le lieu accueillait en effet régulièrement des pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au début du 20e siècle, Boissay était encore aux mains d’une branche de la famille des Lambot de Fougères. Mais la dernière descendante, la religieuse Madeleine de Quatrebarbes, a cédé le château à la congrégation des sœurs de Saint-François-Xavier. À une condition : en faire une école ménagère rurale.

Le château de Boissay appartient aujourd’hui au diocèse de Blois, via la fondation Victor-Dillard. Il s’agit d’un établissement d’enseignement agricole privé, sous contrat avec le ministère de l’Agriculture. « Nos formations vont du CAP au bac Pro et préparent les élèves à des carrières dans l’aide à la personne sous toutes ses formes », précise Pierre de Bizemont, président honoraire de la société de gestion de l’établissement.

Une modernisation à 3,6 millions

> Pour se mettre aux normes pédagogiques, le château n’avait d’autres choix que de « s’agrandir ». À côté de la bâtisse séculaire, une construction entièrement neuve est donc sortie de terre.

Le projet a débuté en 2015 et les nouveaux bâtiments ont ouvert leurs portes à la rentrée 2020. Ils abritent un nouvel internat (de 45 places), une salle de restauration et un nouveau centre de documentation notamment.

> Ce projet à 3,6 millions d’euros a été soutenu par la Région Centre-Val de Loire, le Val de Cher-Controis, l’Enseignement catholique et de nombreux donateurs privés.

> L’enseignement pratiqué à Boissay est sur mesure, en petits groupes. Les élèves peuvent jouir du parc de vingt-deux hectares entourant le site.

Texte et photo La Nouvelle République

Laisser un commentaire